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À la mi-septembre, on sent vraiment que le jardin change de rythme. Le soleil se lève plus tard, les soirées arrivent plus vite et les nuits se rafraîchissent. C'est l'époque où l'on commence souvent la journée avec une tuque, pour ensuite enlever des couches de vêtements au fil des heures. La température fluctue énormément d’un moment à l’autre de la journée.
Pourtant, rappelle-toi que septembre, c’est encore l’été jusqu’à l’équinoxe ! C'est surtout une véritable période de jardinage active. Non, la saison n'est pas terminée : beaucoup de légumes continuent de pousser, de mûrir et de se récolter.
Il reste donc du temps, mais la donne change un peu : on ne cherche plus seulement à faire pousser le jardin, mais à décider ce qu'on récolte immédiatement, ce qu'on laisse profiter des températures fraîches et ce qu'on doit protéger.
La première étape essentielle est d'apprendre à interpréter les prévisions météo sans céder à la panique. Une nuit à 5 °C n'est pas un gel. De même, une légère gelée blanche au sol est bien différente d'un gel marqué qui endommage profondément les tissus des plantes.
Les prévisions météo générales sont un bon point de départ, mais n’oublie pas que ton jardin possède son propre microclimat. À l’abri du vent ou près des murs de la maison, l’air reste plus chaud. À l'inverse, le froid a tendance à s’accumuler dans les creux du terrain. Regarde toujours la durée du froid annoncé et les températures des jours suivants, plutôt qu’un seul chiffre isolé pour une seule nuit.
Une petite gelée passagère peut facilement être surmontée grâce à une protection légère. En revanche, si on annonce un gel marqué ou plusieurs nuits froides consécutives, c’est le signal qu’il est temps de récolter les cultures sensibles.
Commençons par les cultures frileuses, qui ne supportent pas le gel : les légumes-fruits de saison chaude.
Les tomates, poivrons et aubergines : Si un gel important se profile, récolte tous les fruits ayant atteint une taille utile, même s’ils ne sont pas totalement mûrs. Pour les tomates, privilégie celles qui commencent à changer de couleur ; elles finiront de mûrir à l’intérieur. Les tomates vertes ayant atteint leur pleine taille ont aussi une bonne chance de mûrir graduellement. Les poivrons peuvent être récoltés verts ou à leur couleur finale. Quant aux aubergines, fie-toi à leur fermeté et à leur peau encore lustrée : une petite aubergine bien développée sera bien meilleure dans ton assiette que gelée sur son plant.
Les haricots et courgettes : Ces plantes sont très sensibles. Fais un passage minutieux pour récolter les gousses prêtes et les dernières petites courgettes.
Les fines herbes sensibles : Le basilic est le premier à souffrir ; un infime gel suffit à noircir ses feuilles. Récolte-le sans attendre. En revanche, le persil, la ciboulette et la coriandre tolèrent beaucoup mieux la fraîcheur et n'ont pas besoin d'être traités avec la même urgence.
Garde en tête que cette grande récolte pré-gelée dépend uniquement de ta région et de l'état de tes cultures, qu'elle se passe en septembre ou en octobre.
Bonne nouvelle : de nombreux légumes tolèrent très bien les premières fraîcheurs, et certains voient même leur saveur s'améliorer grâce au froid.
Le kale et les épinards : Le kale est le roi de l'automne. Non seulement il résiste très bien au gel, mais le froid rend ses feuilles plus douces et sucrées. Tu peux continuer à récolter ses feuilles extérieures au besoin. Les épinards profitent eux aussi pleinement du retour du frais pour s'épanouir.
Les poireaux : Ils peuvent rester en terre très tard à l'automne. Nul besoin de tout arracher en même temps ; récolte-les au fur et à mesure de tes besoins culinaires tant que le sol n'est pas gelé et reste accessible.
Les carottes et les betteraves : Ces racines tolèrent les petites gelées. Le froid automnal concentre leurs sucres, ce qui améliore leur goût. Sors-les avant que la terre ne gèle en profondeur.
Les choux : Les choux pommés, les choux de Bruxelles et certains brocolis adorent le frais et traversent sans problème les petites gelées passagères. Attention toutefois : la résistance au frais ne s'applique pas indéfiniment face à un gel intense et durable.
Si les prévisions annoncent seulement une ou deux nuits légèrement froides avant le retour du beau temps, l'utilisation d'une bâche flottante (ou couverture de protection) est idéale. Ce tissu léger laisse passer l’eau et la lumière tout en conservant quelques précieux degrés de chaleur près du sol. Tu peux aussi utiliser des couvertures ou des bâches en plastique pour de courtes durées.
Pour bien l'installer :
Évite d'écraser les plantes : Si tes plants sont hauts ou fragiles, installe la bâche sur de petits arceaux pour créer une couche d'air isolante protectrice.
Fixe-la solidement : Pose la toile avant la tombée de la nuit et maintiens fermement ses bords au sol à l'aide de pierres, de planches ou de sacs de sable.
Aère la journée : Si le soleil brille et que les températures remontent le lendemain, retire ou ouvre la bâche pour éviter que l'humidité et la chaleur ne s'accumulent sous la toile.
Pour les poireaux et les légumes-racines, un bon paillis au sol peut également s'avérer très utile pour garder la terre meuble et accessible plus longtemps.

À l'approche de l'automne, évite le réflexe de tout arracher d'un coup. Prends le temps d'observer la météo et pose-toi ces trois questions simples :
Est-ce une culture sensible à récolter d'urgence avant le gel (tomates, poivrons, aubergines, haricots, concombres, courgettes, basilic) ?
Est-ce une culture résistante qui peut continuer à s'épanouir au frais (kale, épinards, poireaux, carottes, betteraves, choux) ?
Est-ce une culture à protéger temporairement avec une bâche pour traverser une ou deux nuits fraîches ?
Ton meilleur outil reste ton sens de l'observation.
Bon jardinage d'automne !
Frédéric
100% Bio
Sans OGM
++ Biodiversité
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